Par JT
Les modes de production des savoirs sont restés jusqu'à il y a peu asymétriques
: producteurs et utilisateurs étaient séparés. Le savoir descendait vers un individu à former, éduquer.
Sans préjuger de l'avenir réservé à ce mode de production du savoir, l'introduction massive des technologies numériques permet de remettre en question ce schéma, de subvertir toute l'économie de la production des savoirs.
L'individu peut-être tout à la fois l'auteur et l'utilisateur des connaissances produites. Sans que ce va-et-vient ne soit limité dans le temps.
On propose de s'appuyer sur le développement des outils collaboratifs du Web 2.0 pour créer un espace de connaissance où tout un chacun pourra apporter sa contribution, la partager avec les autres. A terme, ce mode de production des connaissances implique la création de représentations mentales communes, ferment de lien social.
C'est clairement dans la sphère culturelle que nous pourrions innover. Ainsi, mettons en réseau toutes les ressources documentaires et culturelles que recèlent les institutions culturelles de la communauté urbaine afin que l'usager puisse avoir à disposition tout ce patrimoine documentaire. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
Dans un deuxième temps, faisons appel à des réseaux associatifs, à des individus pour signaler et indexer ces documents.
Par exemple, on pourrait développer un site où à propos d'évènements ou de micro-évènements clairement identifiés (évènements politiques, sociaux,économiques, évènements sportifs, ...)l'usager serait amené à livrer sa mémoire des faits, son expérience. L'intérêt réside ici dans la construction et le partage d'une représentation collective du dit évènement.
A un niveau plus spécialisé, cet appel à la collaboration du public permettrait un signalement des collections patrimoniales dans les institutions culturelles et une analyse de ces ressources. Car nul n'ignore que de nombreux "fonds"
dorment sans être inventoriés, sans être mis à la disposition du public.
La crainte des professionnels -archivistes, bibliothécaires, conservateurs de
musées...- d'être dépossédés d'une partie de leurs missions pourrait être contournée en mettant l'accent dans leurs fonctions sur la validation des contenus produits.
Ainsi ces savoirs créés permettraient l'échange inter-générationnel et la transmission d'une mémoire collective pleinement assumée, et à terme une intelligence collective.